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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 14:38

[il s'agit ici d'un travail à caractère documentaire sur le patrimoine industriel (qui est une catégorie de notre blog); nous aurions souhaité en faire une page Wikipédia mais nous ne l'avons pas pu (voir discussion au Bistro Wikipédia) car il s'agirait d'une "synthèse inédite" : cependant toute page encyclopédique n'est-elle pas une synthèse inédite ?] [comme il se doit  le travail documentaire est référencé par des sources de presse]


Cette page vise à recenser, d’abord au niveau français puis au niveau européen, les entreprises industrielles impliquées dans la fabrication de matériel nécessaire à la lutte contre la pandémie de coronavirus dans le monde – comme par exemple, les masques, les tests COVID, les lits hospitaliers, etc. Cette page n’a pas pour vocation une promotion d’entreprises, mais une meilleure connaissance du tissu industriel concerné par les équipements permettant de lutter contre la pandémie ; y compris afin de comprendre à qui appartiennent ces entreprises.

Il s’agit bien ici d’équipements industriels, ou de tests, et non de médicaments ou de vaccins.

 

France

Masques

  • > Kolmi-Hopen à Saint-Barthélémy d’Anjou (49) masques FFP2 (visite E. Macron 31 mars) (usine française datant de 1920) (à présent groupe canadien Medicom) (WP)
  • > Paul Boyé à Labarthe-sur-Lèze (31) masques chirurgicaux (source). (Paul Boyé est une vieille entreprise familiale de vêtements militaires fondée en 1904 à Sète, WP)
  • > Valmy-Segetex masques FFP2 à Mably près de Roanne (42) (source) (60 p., et aussi une usine en Chine, source)

La presse s'est aussi fait l'écho d'une importante usine historique de masques fermée en 2018 à Plaintel (22) (source).

 

Tests

  • > NG Biotech à Guipry (35) tests sérologiques (source)

 

Gel

> Laboratoires Gilbert à Plouédern (29) gels hydroalcooliques (source) (entreprise familiale créée en 1904 ; usines en Normandie et en Bretagne) (source)

> [initiative ponctuelle]  Le groupe LVMH a mis en fabrication du gel hydroalcoolique en 3 de ses usines françaises : Dior (Orléans), Guerlain (Chartres), Givenchy (Beauvais) (source).

> [initiative ponctuelle] Pharmacie Delpuech, Paris 6e, fabrication intensive de gel hydroalcoolique pour les hôpitaux parisiens (source).

 

 

Dispositifs respiratoires

  • > Air Liquide Medical Systems à Antony (92) respirateurs artificiels.
  • > [initiative ponctuelle] les groupes Peugeot (Poissy, Yvelines), Valéo et Schneider Electric ont formé un consortium avec Air Liquide pour accélérer la fabrication de respirateurs artificiels.
  • > [initiative ponctuelle] Le groupe Decathlon livre 30 000 de ses masques et lunettes de plongée aux hôpitaux français (source)
  • > Hemarina à Morlaix (29) dispositif d’oxygénation directe du sang pour les patients en détresse respiratoire.

 

Bouteilles de gaz (dont oxygène)

  • [usine fermée en 2019] > Luxfer à Gerzat (63) (source)

 

Lits médicalisés

> Hill-Rom à Pluvigner (56) lits médicalisés (source) (source 2) 400 p. dans l'usine (groupe américain, Chicago)

​​​​​​

 

Médicaments

Chloroquine [NB : il n'est pas du tout prouvé que ce principe soit actif contre le coronavirus ; nous mentionnons ce principe actif ici puisqu'il en a été beaucoup question dans la presse] usine Famar à Saint-Genis Laval, Rhône (250 p.), appartenant à un fonds américain, en redressement depuis mi-2019 (source)

 

Allemagne

Tests

  • > Olfert Landt biotechnologies à Berlin - 400 000 tests prêts à fin février (source ici ou )

 

Italie

Dispositifs respiratoires

  • > Isinnova impression 3D de valves respiratoires pour l’hôpital de Brescia (source); la même entreprise a adapté ces valves sur des masques de « snorkeling » Decathlon pour en faire un masque respiratoire complet (source).
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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 11:22

(à propos de cet ouvrage, important dans le cadre de mes travaux et de mon enseignement sur l'histoire de la critique de la modernité technique #HCMT7,  je publie ici les réponses que j'ai faites aux questions à une interview réalisée par Fabien Benoît pour le magazine Usbek & Rica, partiellement reprises dans l'article final).

 

Q°) Comment qualifieriez-vous la critique technologique de Georges Bernanos ? Quelle place occupe-t-elle, précisément, dans la grande histoire de la techno-critique ?
C'est une critique datée par certains aspects : la guerre "chevaleresque" d'Ancien Régime exaltée par rapport à la "Guerre Totale" du XXe s., ou l'aspect nationaliste d'une France qui doit s'élever contre le monde des machines (d'où le titre de l'ouvrage). Mais c'est surtout une critique visionnaire, construite : Bernanos a vécu les deux Guerres mondiales et, au sortir de la Seconde, décrit une "Société Moderne qu'on ne peut distinguer de la Guerre Totale", au sens propre (les deux guerres mondiales furent le triomphe de la technique et de la vitesse) comme au sens allégorique : au retour à la paix (mais y a-t-il vraiment une paix ?), l'Homme est désincarné et sa réflexion aliénée, il est devenu prisonnier de la marche incessante du "Progrès".
 
Q°) Peut-on parler d’une critique catholique de la technique ?
Oui, bien sûr. On peut la tracer depuis Péguy, et son "monde moderne, qui fait le malin", en passant par le philosophe Gabriel Marcel (1889-1973), jusqu'à des mouvements d'idées contemporains comme la revue Limite. En quoi est-elle spécifiquement catholique ? Chez Bernanos, par exemple, "la civilisation moderne est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure" (LFCR) : la vie intérieure, pour lui, c'est aussi celle de l'idée et de la pratique religieuses. Son exaltation de l'homme "qui croit à autre chose qu'à la Technique" (LFCR), contre "l'Homme moyen" formé par la civilisation des Machines se rapporte au même idéal spirituel.
 
Q°) Certains voient en Bernanos une figure précoce de la décroissance ? Partagez-vous ce sentiment ? Doit-on lire La France contre les robots comme une critique du capitalisme ?
S'il y a un domaine étranger à Bernanos, c'est bien l'économie - à part sa vision assez sommaire d'une ploutocratie (gouvernement par les riches) américaine. La notion même de croissance (sans parler de décroissance) est un quasi anachronisme dans les années 1930. Oui, Bernanos critique l'industrie comme "moyen de créer artificiellement de nouveaux besoins qui assureront la vente de nouvelles machines", mais la même critique figure chez Denis de Rougemont en 1928 (son article "Le péril Ford"). Chez Bernanos, la critique porte aussi bien sur le capitalisme américain que sur le communisme : "Les régimes jadis opposés par l'idéologie sont maintenant étroitement unis par la technique" (LFCR). C'est ce qui fait son intérêt, historique mais aussi contemporain, en tant qu'exaltation de la liberté de pensée de l'individu.
 
Q°) Selon vous, pourquoi faut-il relire La France contre les robots aujourd’hui ?
Oui, bien sûr, abstraction faite de certaines idées parfois datées, car y figurent de belles intuitions ! Comme il faut relire sur le sujet de la modernité technique Péguy, Georges Duhamel, le romancier suisse Ramuz et ses essais des années 1930, voire Rougemont (Suisse lui aussi), bref un certain nombre d'hommes de lettres qui n'étaient ni philosophes (à l'inverse d'Ellul ou Charbonneau), ni vraiment de gauche : des penseurs isolés, hors courant politique construit, mais qui dès 1900 portent une critique visionnaire de la modernité technique. Bernanos vient un peu après, en 1945, mais l'avantage est que sa critique est ramassée en un ouvrage, précisément La France contre les Robots, qui bénéficie depuis une décennie d'un certain nombre de rééditions ; et puis, chez Bernanos, il y a le style, à la fois travaillé et percutant.
 
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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 06:57

Projet GÉO-INDUS : par une approche géographique, faire vivre sur Internet le paysage actuel de l’industrie française

 

 

Travaillant de longue date (2003) sur la diffusion numérique des savoirs sur Internet, il nous est apparu une carence dans les contenus du Web sur un sujet précis : la connaissance des sites industriels de nos territoires français. Cette lacune n’est pas seulement virtuelle, elle ne fait que refléter un manque de prise en considération du sujet dans la vie réelle – une sorte de trou noir patrimonial et cognitif. Quels sont nos sites industriels français (et nous insistons sur la notion géographique de site) ? Pour un site donné, quels ont été ses noms successifs, à quelles entreprises et/ou groupes a-t-il appartenu et appartient-il actuellement ? Quelles sont ses caractéristiques : nombres de personnes, type de fabrications ? Autant de questions auxquelles il peut être difficile d’avoir réponse.

Les causes de cet état de fait sont diverses, et corrélées. La désindustrialisation est passée par là, et avec elle un moindre intérêt pour l’industrie. Certaines usines sont devenues friches (certaines reconverties), ou musées – parfois sans rapport immédiat avec leur activité passée. Côté université, l’histoire industrielle n’est pas une matière en pointe – et encore moins la géographie industrielle : des historiens ou acteurs locaux (qu’il faudra mobiliser) ont maintenu une certaine connaissance – sans forcément la diffuser sur internet. Les entreprises elles-mêmes ont bien plus souvent sur leur site internet une vision corporate, et leurs sites industriels sont parfois difficiles à trouver sur leur site… internet ; ajoutons le fait que les rachats successifs ne facilitent pas la traçabilité et la transmission historiques de la connaissance – d’ailleurs les entreprises, si elles s’intéressent peu à leurs sites, s’intéressent encore moins à leur histoire, ou l’écrivent à leur manière (faire état des réductions successives d’activité et d’emploi sur un site donné n’est certainement pas gratifiant).

Ce constat posé, que faire ? Une action énergique portant sur la constitution d’une base des sites industriels des territoires, et sur la diffusion numérique (i.e. sur internet) de cette connaissance, est nécessaire. Par souci du savoir. Par souci d’image de l’industrie auprès de nos concitoyens – les récentes manifestations depuis novembre 2018, réclamant notamment une meilleure prise en compte du fait territorial, ainsi que de l’emploi industriel local, ne sont pas sans lien avec ce sujet, loin s’en faut. C’est aussi un moyen pour nos concitoyens de s’approprier leur tissu industriel que diffuser la connaissance et la description de ce tissu.

Quels acteurs sont susceptibles d’être mobilisés dans cette perspective d’intérêt général ? On pourrait penser à des administrations (ex. Direction générale des entreprises, Bercy) – mais sans doute ont-elles d’autres préoccupations. Des partenaires d’entreprise comme La Fabrique de l’Industrie ont, eux, été contactés. Il est important de considérer dès le départ une certaine efficacité à notre action : la meilleure diffusion de la connaissance possible n’est pas sur un portail, fût-il en .gouv.fr, mais sur un des sites les plus regardés au monde, et le premier de loin pour la recherche documentaire : Wikipédia. Par essence-même, une connaissance inscrite sur Wikipédia a vocation à connaître une plus large audience que par tout autre moyen de diffusion ; ceci n’exclut pas que, parallèlement, la même connaissance, une fois constituée, soit diffusée sur un site public – d’une administration, d’un think tank (La Fabrique de l’Industrie), d’une Région, d’un Département.

Le modus operandi suivant peut être proposé :

  • >> Coopération avec l’association Wikimédia France (déjà contactée) – notamment pour un « week-end contributif » comme il existe dans d’autres domaines (culture,…)
  • >> Partenariat éventuel entre Wikimédia et des Régions ou Départements, par le biais d’un « wikipédien en résidence » (modalités de financement à trouver) : un contributeur Wikipédia confirmé est placé à mi-temps ou à temps plein auprès d’une collectivité, pour travailler sur le sujet des sites industriels du territoire concerné, et nourrir les pages Wikipédia correspondantes. Ce type de « résidence » fonctionne correctement avec des institutions culturelles 
  • >> Le sujet devra être circonscrit : c’est en priorité l’industrie encore vivante qu’il s’agit de documenter – le projet est un projet de patrimoine vivant.
  • >> Des exemples de sites géographiques en nombre très limité sont donnés en annexe (PDF), et par commune.

 

Un comité de projet pourra être constitué, réunissant diverses entités intéressées (contactées à ce jour : Wikimédia France, La Fabrique de l’Industrie). Il aura en charge la définition et le suivi des étapes ; la définition d’une méthode (autant que faire se peut : harmonisation de la constitution de cette connaissance et de son inscription sur Wikipédia) ; la participation éditoriale à d’autres sites publics sur le sujet ; la recherche de financements. Des déclinaisons locales d’un tel comité pourront avoir lieu en province, en fonction des collectivités intéressées.

 

(télécharger sur ce blog le PDF reprenant ce texte, avec quelques exemples en nombre limité en annexe) (#GEOINDUS sur Twitter)

 

(page Wikipédia du projet, #GEOINDUS)

 

 

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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 15:40

Je me suis récemment abonné à l’Encyclopédie Universalis en ligne – c’est peut-être étonnant pour un wikipédien (depuis 2005), administrateur de Wikimédia France (2008-2010) et membre depuis lors, et qui ai eu l’occasion de m’exprimer ici (Actualitté, 2008) ou là, voire d’écrire (ici), en comparaison favorable de Wikipédia face à Universalis.

Universalis, 50 ans, 1968-2018

Si je me suis abonné, c’est parce que je mène des recherches assez spécifiques sur le xxe siècle, et qu’il est intéressant de voir que telle personnalité bénéficie d’une notice dans Universalis ; comme cette encyclopédie est plus « sélective » que Wikipédia (toutes les personnalités dans Universalis sont dans Wikipédia, l’inverse est loin d’être vrai), le fait que telle personnalité – qu’on croyait par exemple oubliée, ou peu notable – bénéficie d’une notice Universalis est un fait en soi, fait de recherche historique sur l’époque considérée. Certaines notices Universalis, sur une personnalité ou un concept, peuvent aussi apporter un autre éclairage que Wikipédia, parce qu’elles reflètent parfois aussi, de par leur auteur (le fameux mono-autorat chez Universalis), une certaine vision de l’époque où elles ont été écrites : c’est là aussi un fait de recherche historique sur l’époque considérée.

Que l’on se rassure toutefois : j’ai peut-être 1 utilisation Universalis pour 300 utilisations Wikipédia, donc une infime proportion, et relevant exclusivement des deux cas décrits (à la base, une curiosité : tiens, que dit Universalis de telle personnalité du xxe s., et d’abord y figure-t-elle ? et qui a écrit sa notice ?).

Seulement il y a un gros hic, si je puis dire, et d’ailleurs lié à ce qui précède – c’est en quelque sorte le revers de la (toute relative) médaille. On remarque, et on est gêné (pour eux, pour soi), que les notices en ligne d’Universalis ne soient jamais datées. Vieille séquelle du monde de l’encyclopédie papier – dans laquelle les notices ne sont pas datées, seule l’année d’édition papier comptait ; et une fois qu’on avait les volumes papier dans sa bibliothèque, on se souciait finalement peu de leur « fraicheur[1] ». L’internaute est, lui, beaucoup plus exigeant, et vigilant : il fait attention à la date d’une page internet – par exemple il ne veut pas tweeter une information qui date d’il y a 3 ans et qu’il découvre ; mais il est exigeant au-delà de l’actualité : il a conçu – et c’est tant mieux – une exigence de la référence précise, et la date d’un document, d’une page internet, en fait partie (et pour une encyclopédie qui se veut de référence, c'est embêtant qu'il manque une référence comme la date...).

Entendons-nous bien : je n’utilise pas ici l’argumentaire (favorable à Wikipédia) selon lequel « Wikipédia est un savoir en action, comme la science ; tandis qu’Universalis est un savoir établi, voire figé ». Argumentation que je ne partage pas, car le savoir établi est souvent tout à fait valable, pour le niveau d’utilisation le plus courant… C’est plutôt à rebours que j’utilise cette argumentation : en ne datant pas ses notices, Universalis prend le risque – et elle le sait – que l’on s’aperçoive qu’elles sont anciennes (années 1980, 1990 – rien que parfois par la signature des auteurs, décédés depuis, on peut les dater)[2] ; et corrélativement, l'on s'apercevrait non seulement qu’elles sont anciennes, mais aussi qu’elles sont datées – au sens : reflet de l’époque où elles ont été écrites.

Entendons-nous bien, à nouveau (mon billet exploitant une idée, dont je suis convaincu mais qui est sur le fil du rasoir, je suis obligé à ces réserves et circonvolutions) : je suis loin d’être un postmoderne relativiste (« tout savoir est le fruit d’une époque et d’une idéologie, d’un pouvoir dominant, etc. »), mais force est de constater que c’est justement le cas, parfois, et même souvent, des notices Universalis. C’est d’ailleurs pour cette raison, m’aperçois-je a posteriori, que je me suis abonné et que ces notices sont aussi un objet de recherche historique – ceci nous ramène à mon second paragraphe ci-dessus, la boucle est bouclée.

Universalis est dans une impossibilité quasi ontologique de préciser les dates de ses notices. Et finalement, le reproche autrefois fait à Wikipédia par les encyclopédies « traditionnelles » et avec elles par le monde culturel[3], reproche selon lequel « les articles Wikipédia n’ont pas d’auteur [identifié] », effet de manche peu étayé et largement contestable, pourrait se retourner mutatis mutandis, et cette fois-ci avec plus de raisons, contre Universalis et les encyclopédies traditionnelles : peut-être les notices Wikipédia n’ont pas d’auteur (académique, unique, bien identifié), mais ce qui est certain c’est que vos notices Universalis n’ont pas de date [et pour cause !]…

 

 

[1] Jeune, je me contentais largement des volumes blancs de l’Universalis de mes parents, au-delà du simple Larousse des noms propres ; je n’allais toutefois pas jusqu’aux volumes vert foncé du Larousse Illustré des années 1930, que ma mère avait reçu de son père, et qui restait figé dans la bibliothèque du salon. Notons qu’il jouait dans les années 1930, auprès de la génération de mes grands-parents, le même rôle qu’Universalis jouait dans les années 1970-1980, auprès de celle de mes parents.

[2] Quand, pire, on ne voit pas le nom du réviseur (que je connais par ailleurs) en surimpression du nom de l’auteur initial (avec une syntaxe HTML défaillante, on en est gêné pour Universalis), sans date dans les deux cas. Je ne veux pas entrer dans les détails (saisie d’écran à votre disposition).

[3] Sur les oppositions du monde culturel français à Wikipédia (aujourd’hui plus estompées, ou plus discrètes), voir mon article « Postures d’opposition à Wikipédia en milieu intellectuel en France », in Lionel Barbe, Louise Merzeau,  Valérie Schafer (dir.), Wikipédia, objet scientifique non identifié ?, Presses universitaires Paris-Ouest Nanterre, 2015, p. 123-133 (en ligne OpenEditionBooks)

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 11:55

Chaque citoyen a vocation à être intéressé par la formation des « élites » en France : à cet égard, la nomination d’un président à Polytechnique est une décision importante (un certain nombre de candidatures ont été déposées le 30 mars 2018, dont la mienne).

Pour ma part, je souhaite refonder le contrat social de Polytechnique suivant deux priorités principales :

  •  Rétablir la vocation scientifique et le lien effectif avec la recherche comme des priorités d'action et de communication, interne et externe.
  •  
  •  Recréer un lien privilégié avec l'Université Paris-Sud (Orsay), dans un esprit opérationnel de coopération concrète entre universités et grandes écoles.

À terme, il conviendra de trouver un scientifique de réputation internationale et effectivement intéressé à présider Polytechnique : mais il est urgent de commencer dès maintenant à mettre en œuvre ces priorités.

Le projet que je présente ci-dessous (en dossier PDF) répond à l'ensemble de ces objectifs, en détaillant de manière argumentée mes propositions pour Polytechnique.

 

Alexandre Moatti
Ingénieur en chef des Mines
Chercheur associé à Paris-Diderot
www.moatti.net 

N'hésitez pas à prendre connaissance du projet, et à marquer votre soutien en mettant un commentaire ci-dessous. Vous pouvez aussi indiquer aussi vos remarques sur le sujet et engager le débat, important pour tous.

 

PS dimanche 22 avril (pour lever une incompréhension): le Haut Comité de liaison universitaire et de recherche que je propose n'est pas un comité qui se réunit 2 fois/an avec de nombreux absents. C'est un comité opérationnel qui se réunit tous les mois. J'ai déjà en tête qui en sera le président (qui m'a donné son accord).

PS vendredi 27 avril : retrouvez l'interview que j'ai donnée à S. Huet dans son blog invité Le Monde.

PS juillet 2018 : ma candidature n'ayant pas été retenue, j'ai fait un blog autonome pour continuer à défendre les idées indiquées ci-dessus.

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 11:58

Google NGramViewer est un outil certes intéressant, mais à manipuler avec précaution. Notamment pour l'utilisation que j'en fais, à savoir les dates d'apparition ou d'occurrence de certains termes (modernité, machinisme, technocratie, transhumanisme, etc.). Il y a déjà un biais qui est celui du corpus Google Books constitué : la recherche se fait sur le corpus numérisé par Google, pas sur les autres livres de la même période.

Mais admettons de travailler dans ce corpus-là. Il y a un biais bien plus grave, un bug même, c'est que, pour les revues (et elles étaient encore en nombre fort important auparavant), la date considérée est parfois celle de constitution de la revue, et non la date du numéro où apparaît le terme cherché ! Nombreux exemples, j'en donne un ici.

Recherche du mot technocratie

La tendance globale est valable : apparition dans les années 1930, et explosion dans les années 1960. Mais si l'on regarde en détail d'autres éléments (ex. le petit bourrelet années  1900, qui intrigue et intéresse, du coup), on tombe sur une occurrence de la revue Scientia, en effet créée en 1910 :

Mais la référence du mot est en fait celle d'un numéro bien ultérieur de la revue, puisqu'il parle d'un ouvrage paru en 1964 (et dont l'occurrence apparaît pourtant en 1910, puisque c'est la date de création de la revue qu'indexe Google Books...) !

Donc, vigilance sur ces dates d'occurrence de mots dans NGramViewer. C'est dû au mode d'indexation très grossier de Google Books pour les revues, point que nous avions déjà souligné à charge de Google Books dans notre ouvrage Au Pays de Numérix (PUF, 2015).

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 18:19

On n'a pas fini de s'extasier (#humour) devant les projets numériques financés par la taxe parapublique sur les appareils de reprographie, augmentée fin 2006 comme suite à l'agitation "Bibliothèque numérique européenne", et gérée par le CNL, organisme public. Elle est la cause de partenariats privé-public fort contestables, mélange des genres que j'ai déjà eu l'occasion de critiquer dans mon ouvrage Au Pays de Numérix (2015), dans un article BBF de novembre 2013 (affaire ProQuest notamment), ou sur ce blog (ici, ou, entre 2013 et 2016). On se lasse, mais on n'est jamais à court de surprises.

Je recherchais un ouvrage d'Adolphe Alphand (1817-1891), l'ingénieur des Ponts et Chaussées qui a dessiné sous les ordres d'Haussmann tous les jardins parisiens, ouvrage intitulé Les Promenades de Paris (1867). Cet ouvrage existe en accès libre dans Gallica, tant mieux, mais je tombe aussi sur un site hachettebnf.fr (oui, vous avez bien lu l'adresse), où le livre est en vente par Hachette à 26,60 € (ici).

Nous sommes là en présence d'une quasi supercherie, sur fonds publics ou parapublics :
1°) le nom de domaine s'appuie sur celui de la BnF
 traduction de ce PPP incestueux, avec les logos communs, celui de la BnF sur un site à caractère commercial de vente en ligne.


Hachette BNF

Le patrimoine à portée de main... d'Hachette qui fait main basse dessus et le rentabilise (pour quelques poignées d'euros)


2°) le livre (en impression à la demande) est en vente 26 € alors que le même exemplaire (en version numérique) est gratuit sur Gallica (ici) [NB : le livre vendu par Hachette n'est pas une réédition sous forme de livre d'art, c'est bien l'édition de 1867, la même que sur Gallica].

On peut raisonnablement se faire piéger par ces impressions à la demande (qui ne disent même pas leur nom, le site ne disant pas ce qu'il fait précisément) de livres par ailleurs gratuits. Cela m'était arrivé, sur la plateforme Amazon, de m'être fait ainsi piéger en commandant à un éditeur peu scrupuleux, pour 14 €, un opuscule de 30 pages de Bergson que je pouvais trouver sur Internet (en pensant que c'était une version originale d'époque : c'était en fait une impression à la demande).

Mais là il ne s'agit pas d'Amazon et d'un éditeur peu scrupuleux. Il s'agit de Hachette et de la BnF via sa filiale BnF partenariats, censée récupérer quelques picaillons en vendant son âme à un partenariat privé-public dont l'intérêt (public comme... privé : combien de recettes ?) paraît loin d'être évident.

 

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 14:23

Bis, le même jour. Avant de gommer mes traits dans la marge pour rendre l'autre livre du même auteur à la bibliothèque de quartier, une rapide critique diagonale, cf. la précédente. E. Sadin, L'Humanité augmentée. L'Administration numérique du monde, L'Echappée, 2013.

 
Les formules-fétiches. 
Une cognition artificielle supérieure (9) ― Une administration robotisée des existences s'institue progressivement (28) ― la vie robotiquement ajustée (69) ― une gouvernementalité algorithmique (160) [notion généralement attribuée dans le monde académique à Antoinette Rouvroy 2011, mais Sadin ne le fait pas ; ce n'est bien sûr pas obligatoire mais c'est une courtoisie pour une expression "qui a pris"]

Les néologismes.
> une odyssée hybride  anthropo-machinique [= l'homme et la machine] (29) ― [var. pour la même idée] couplage humano-machinique (32) ― l'émergence d'une ANTHROBOLOGIE, nouvelle condition humaine toujours secondée ou redoublée par des robots (30, et retour du néologisme 39, 67) ― le geekisme (112) ― la condition anthrobologique (173) [l'anthrobologie gagne haut la main le concours des néologismes dans cet ouvrage ; elle donnera son titre à mon billet, avec redoublement du BO]


Les italiques suggestives, ou pas.
(cette fois-ci sur des mots banals, non "lourds de sens", un peu à la post-situ)
> à flux tendus et au cas par cas [...] une connaissance profonde et étendue (23) 


La prétention.
Ce livre est la troisième scansion d'une trilogie (37 ; mais la trilogie a dépassé les trois ouvrages ; c'est même plus qu'une tétralogie à présent)


Le nawak.
> La matrice originelle de l'informatique entretient un lien furtif avec la Kabbale (44) [et en note de fin : "plus précisément avec la Gematria, partie de la Kabbale juive fondée sur l'interprétation arithmétique des mots de la Bible"].
> Les processeurs s'exposant comme des "être rationnels" non anthropomorphiques [...] robots immatériels faisant découvrir une HUMANITÉ PARALLÈLE (121, 125).


Les citations d'auteurs et de philosophes.
Elle sont terriblement nombreuses. Notre échantillon 151-153, en 3 pages, apparaissent les auteurs aussi divers que : Pic de La Mirandole ― Descartes ― Kant ― Nietzsche ― Freud ― Wittgenstein ― Marx. 


Bref, je ne suis pas sûr que l'humanité sorte augmentée de ce type d'ouvrages.

Pour une critique plus favorable, ou non :

  • # Libération, 9 juin 2013 (lien).
  • # Les Inrocks bien sûr, 30 mai 2013 (lien).
  • # Microsoft RSLN Regards sur le numérique, 9 janvier 2014 (lien).
  • # Notre collègue et ami Jean-Noël Lafargue, blog hyperbate, ici (et, plus caustique, )
  • # et ma critique du même jour de Sadin 2016, dans ce blog.
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 10:06

Avant de rendre le livre à la bibliothèque de mon quartier, une rapide critique diagonale (ital.) d'un ouvrage que j'ai lu en diagonale ― je revendique cette possibilité des deux diagonales (lecture et recension) pour certains ouvrages. Il s'agit de La Silicolonisation du monde (L'Echappée, 2016), nouvelle livraison du philosophe (ital.) Eric Sadin, la cinquième depuis 2011 sur le sujet. J'ai chèrement acquis ma légitimité en lisant ainsi trois ouvrages très semblables de cet auteur (ainsi que nombre de ses tribunes de presse ou interviews).

 

Les formules toutes faites, formules de style, formules-choc.
[les italiques ou guillemets reproduisent le texte de l'ouvrage]
L'algorithmisation des sociétés (31) ― L'interprétation industrielle des conduites (69) ― La suggestion personnalisée de masse (70) ― Une administration robotisée des choses (71) ― l'accompagnement algorithmique de la vie (71) ― la duplication numérique du monde (72) ― l'avènement d'une « industrie de la vie » (74) ― la numérisation tendanciellement intégrale (79) ― les technologies de l'exponentiel et de l'intégral (87) ― celles-ci vont automatiser les conjonctions (92) ― les systèmes d'encadrement de l'action humaine (114) ― piloter le cours de la vie (114, var. 163) ― s'immiscer dans tous les champs de la vie (123) ― capitaliser sur les moindres actions de la vie (124) [on voit ainsi de 114 à 124 à peu près la même idée, développée en d'infinies variantes]

 

Les formules fétiches. Les néologismes. 
Le psyliconisme (= la psychopathologie de la Silicon Valley) (28). La Weltanschauung siliconienne (93,103, 105, 108, 119, j'en ai raté) ― les technologies de l'exponentiel (87, 92, 189). Je crois qu'on peut attribuer la palme à ces deux formules, archétypiques de l'ouvrage, qui pourraient presque le résumer à elles seules.

 

Les auteurs cités : baroques, ou pas. Les jeux de mots sur les titres d'autres auteurs.
Content de retrouver mon "cher" Teilhard (91). Le Dasein heideggerien (93). Au sens foucaldien (bien évidemment ; 112). Malaise dans la civilisation robotisée (Freud, 205 ; à rapprocher de "Critique de la raison numérique", in Sadin 2015). Pour un « choc de civilisations » (225 ; référence à Huntington ?). Bernanos (227). Ortega y Gasset (252).
Sadin se citant, aussi, et se mettant en scène : la copie plein texte dans l'ouvrage (pas en annexe) et intégrale (avec formules de politesse, etc.) de sa lettre de refus à Universcience, 252-254, ; voir à ce sujet Saint-Martin 2017, infra).
Et bien sûr, en conclusion (271), ce pauvre Orwell (décidément mis à toutes les sauces) et sa common decency.

 

Les italiques. Grande consommation d'italiques lourdes de sens, comme on l'a vu. A signaler en plus, l'italique ironique.
> affirme avec une bonne foi feinte l'ingénieur Yann LeCun (101 ; sur la vision caricaturale de l'ingénieur chez Sadin, voir Sadin 2011-2016 ; sur son mépris des "geeks" de l'Ecole42, p. 250, ce qu'il appelle le geekisme ; aussi ici)

 

Les applications futures.
J'ai déjà écrit (Commentaire, été 2016 « Pour une critique raisonnée (ital.) de la technique et d'internet » ― article que j'ai mis sur HAL-SHS) que les technocritiques type Sadin participent du technoprophétisme en citant eux aussi, sans recul aucun, des applications technologiques à venir.
> Le porte-biberon connecté BabyGigl (104) ― vos biberons ou maillots de bain connectés nous dégoûtent (236) ― les téléviseurs connectés (237 ; problème, là, puisqu'ils le sont depuis longtemps, TV câble, TNT, satellite) ― lentille (de vision) connectée (238 ; là, un jeu de mots involontaire de l'auteur : "les lentilles en développement dans les laboratoires siliconiens" ― lentilles... silicone... c'est bon, vous l'avez ?)


 

Les voeux incantatoires.
Souvent chez l'intellectuel cette volonté d'agir... Là ça se traduit par la brillante anaphore finale « nous refusons » (233-242).
> le refus simple et catégorique de ces protocoles de mesure de la vie que vous élaborez et que vous voulez nous faire acheter (ital. 235 ; on retrouve chez Stiegler cette velléité "d'aller voir Google pour leur dire non" ; on y reviendra).

 

Fin de cette critique thématique diagonale. On retrouvera d'autres critiques ci-après :

  • # Arnaud Saint-Martin, « Gold Flush : d’un prêt-à-penser la Silicon Valley », Zilsel, 2017/1, p. 371-389 (article académique très étayé dans une intéressante nouvelle revue, plein d'humour, mais à mon sens encore un peu gentil et pas assez diagonal pour ce "prêt-à-penser") (cairn)
  • # Xavier de La Porte, « Eric Sadin est-il le BHL de la révolution numérique ? » (bibliobs 9 décembre 2016) (voir la réaction d'E. Sadin à cet article, ici) [je revendique haut et fort par un tweet antérieur, du 30 octobre 2016, l'analogie en question]
  • # Une amusante pochade sur le blog de Jean-Noël Lafargue, ici.
  • # Un billet de Michel Guillou qui très précocement (nov. 2014) s'était étonné d'une tribune de Sadin dans Libé sur le numérique à l'école (en en comparant certains accents/excès au Gorafi).
  • # J'ai moi-même cité Sadin à titre d'exemple dans des articles plus construits, cf. Commentaire supra, ou un article "Les langages critiques de la science contemporaine et de l’Internet", in M. Wieviorka (dir.), Mensonges et Vérités, éd. Sciences Humaines, juin 2016 (lien) (suite à intervention aux Entretiens d'Auxerre, novembre 2015).
  • # Et le billet que j'ai fait ce même jour, dans la foulée avant de rendre les deux livres, d'un autre ouvrage de l'auteur (2013).

 

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 13:20

Au moment où on parle de taxe "Google images" dans la loi sur la création culturelle, il n'est pas inutile de revenir sur les péripéties qui auraient pu amener à une taxe Google en 2012. La page Wikipédia les rappelle (sans aller jusqu'au bout, à savoir le fonds créé par Google en faveur de la presse); j'avais moi-même sur ce blog écrit en octobre 2012 un billet d'humeur "Une taxe Google au bénéfice de tous !". Dans mon ouvrage Au Pays de Numérix (janvier 2015), j'y étais revenu, ci-après deux paragraphes extraits de l'ouvrage :

Taxe Google (suite) ― Revue du Crieur 2015
Taxe Google (suite) ― Revue du Crieur 2015

C'est cependant l'article de Dan Israël dans le n°1 (juin 2015) de l'excellente Revue du Crieur qui nous y fait revenir ici (cette revue a été créée par Mediapart et La Découverte ― D. Israël est journaliste à Mediapart et à Arrêt sur images). On trouvera peu d'articles critiques sur le sujet de la "taxe Google" devenue FINP (Fonds d'innovation numérique pour la presse), puisque justement la presse en est bénéficiaire. Cet article assez fouillé n'est pas accessible en ligne, nous en donnons ici quelques extraits :

[...] un collaborateur du ministère de l’Économie : "Pourquoi seule la presse aurait-elle été concernée par ce mécanisme ? En toute logique, il aurait dû concerner tous les sites commerciaux, tous les blogueurs. Mais le ministère de la Culture s'était approprié le texte [et le réserve à la presse], puis Hollande décide de peser de tout son poids pour que l'accord aboutisse.
[...]
Signature en grande pompe, le 1er février 2013, à l’Élysée et sous le patronage de François Hollande, d'un accord entre Eric Schmidt, le président de Google, et Nathalie Collin, directrice générale du Nouvel Observateur et figure de proue de l'association AIPG, véhicule du lobbying forcené que venaient de déployer pendant plusieurs mois les éditeurs de la presse papier.
[...]
Dans ses statuts, déposés le 19 juin 2012, l'AIPG précise en effet que ses membres ne peuvent être que "des journaux et publications payants et imprimés sur papier".
[...]
De son côté, le GESTE (syndicat d'éditeurs de tous services en ligne) déplore que Google ait choisi de financer un tout petit groupe d'acteurs, alors qu'au départ la question soulevée concernait tous les éditeurs de services en ligne [...] le label IPG "information politique et générale" correspond aux éditeurs historiques, alors que de nombreux entrants peinent à obtenir ce label, délivré par une autorité administrative.
[...]
En 2013 & 2014 le FINP a financé 52 projets (à hauteur de 60% en général) portés par 41 médias, pour 31,8M€ ; soit la moitié de l’enveloppe prévue jusqu'en 2015 (60M€)
[...]
L'Express s'est vu attribuer la coquette somme de 1,9M€ pour développer le "big data" [...] Bastamag, le site critique de la mondialisation financière, pas particulièrement fan de Google, s'est lui vu attribuer 105 000 euros pour enrichir son offre éditoriale et mieux attirer les dons des lecteurs [...] Le Top10 sur 2013 et 2014 est Le Figaro (plus de 4M€), Les Echos (plus de 3M€) et Le Monde (2,2M€).
[...]
On relève le site Contexte, site d'info destiné aux professionnels des politiques publiques, qui a touché 441 000€ en 2013 puis 766 000€ en 2014, versés à un tout petit media de 10 salariés, lancé en septembre 2013 !
[...]
La manne Google arrivait à un très bon moment : celui du déclin annoncé des aides publiques à la presse, qui subventionnent le secteur à un niveau égalé nulle part ailleurs dans le monde [...] entre 2008 et 2013, les aides à la presse avaient été multipliées par deux, suite aux États généraux de la presse et au plan d'aide massif de Nicolas Sarkozy.
[...]
les trois administrateurs indépendants du conseil du FINP sont rémunérés 2000 € bruts par séance [M.-C. Levet, M. Carduner et S. Ramezi]
[...]
[à/s de Google] quitte à devenir un État dans l’État ? ou un État à la place de l’État?

Le site FINP fait preuve d'une certaine transparence (pas obligatoire pour une entreprise privée ― mais qui rapproche ce fonds d'une aide publique) en affichant ses rapports d'activité 2013 et 2014. On attend cependant le rapport 2015 : il n'y a plus eu de communiqué de presse depuis juillet 2015 ― pourtant le fonds continue à fonctionner, il a encore reçu des dossiers au 30 juin 2016. Arrêt temporaire de communication, on l'espère : il sera intéressant de connaître l'affectation des 30M€ restants.

On peut avoir une critique marxiste du FINP (la presse asservie par le grand capital qui achète son silence) ou une critique libérale (une entreprise privée en finance d'autres "à fonds perdus" ― dixit C. D'Asario Biondo, de Google ― cas sans doute unique au monde): les deux sont valables, on retiendra, parmi les nombreuses critiques ineffectives et très théoriques adressées par ailleurs à Google, que ce fonds FINP en fait un acteur surpuissant dans le domaine politico-médiatique, ce qui n'est pas une très bonne chose.

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Et un extrait live de l'article pour rire un peu :

Taxe Google (suite) ― Revue du Crieur 2015
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Alexandre Moatti
 
Secrétaire général du comité de pilotage BNUE août 2005- août 2006
 



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