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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 06:57

Projet GÉO-INDUS : par une approche géographique, faire vivre sur Internet le paysage actuel de l’industrie française

 

 

Travaillant de longue date (2003) sur la diffusion numérique des savoirs sur Internet, il nous est apparu une carence dans les contenus du Web sur un sujet précis : la connaissance des sites industriels de nos territoires français. Cette lacune n’est pas seulement virtuelle, elle ne fait que refléter un manque de prise en considération du sujet dans la vie réelle – une sorte de trou noir patrimonial et cognitif. Quels sont nos sites industriels français (et nous insistons sur la notion géographique de site) ? Pour un site donné, quels ont été ses noms successifs, à quelles entreprises et/ou groupes a-t-il appartenu et appartient-il actuellement ? Quelles sont ses caractéristiques : nombres de personnes, type de fabrications ? Autant de questions auxquelles il peut être difficile d’avoir réponse.

Les causes de cet état de fait sont diverses, et corrélées. La désindustrialisation est passée par là, et avec elle un moindre intérêt pour l’industrie. Certaines usines sont devenues friches (certaines reconverties), ou musées – parfois sans rapport immédiat avec leur activité passée. Côté université, l’histoire industrielle n’est pas une matière en pointe – et encore moins la géographie industrielle : des historiens ou acteurs locaux (qu’il faudra mobiliser) ont maintenu une certaine connaissance – sans forcément la diffuser sur internet. Les entreprises elles-mêmes ont bien plus souvent sur leur site internet une vision corporate, et leurs sites industriels sont parfois difficiles à trouver sur leur site… internet ; ajoutons le fait que les rachats successifs ne facilitent pas la traçabilité et la transmission historiques de la connaissance – d’ailleurs les entreprises, si elles s’intéressent peu à leurs sites, s’intéressent encore moins à leur histoire, ou l’écrivent à leur manière (faire état des réductions successives d’activité et d’emploi sur un site donné n’est certainement pas gratifiant).

Ce constat posé, que faire ? Une action énergique portant sur la constitution d’une base des sites industriels des territoires, et sur la diffusion numérique (i.e. sur internet) de cette connaissance, est nécessaire. Par souci du savoir. Par souci d’image de l’industrie auprès de nos concitoyens – les récentes manifestations depuis novembre 2018, réclamant notamment une meilleure prise en compte du fait territorial, ainsi que de l’emploi industriel local, ne sont pas sans lien avec ce sujet, loin s’en faut. C’est aussi un moyen pour nos concitoyens de s’approprier leur tissu industriel que diffuser la connaissance et la description de ce tissu.

Quels acteurs sont susceptibles d’être mobilisés dans cette perspective d’intérêt général ? On pourrait penser à des administrations (ex. Direction générale des entreprises, Bercy) – mais sans doute ont-elles d’autres préoccupations. Des partenaires d’entreprise comme La Fabrique de l’Industrie ont, eux, été contactés. Il est important de considérer dès le départ une certaine efficacité à notre action : la meilleure diffusion de la connaissance possible n’est pas sur un portail, fût-il en .gouv.fr, mais sur un des sites les plus regardés au monde, et le premier de loin pour la recherche documentaire : Wikipédia. Par essence-même, une connaissance inscrite sur Wikipédia a vocation à connaître une plus large audience que par tout autre moyen de diffusion ; ceci n’exclut pas que, parallèlement, la même connaissance, une fois constituée, soit diffusée sur un site public – d’une administration, d’un think tank (La Fabrique de l’Industrie), d’une Région, d’un Département.

Le modus operandi suivant peut être proposé :

  • >> Coopération avec l’association Wikimédia France (déjà contactée) – notamment pour un « week-end contributif » comme il existe dans d’autres domaines (culture,…)
  • >> Partenariat éventuel entre Wikimédia et des Régions ou Départements, par le biais d’un « wikipédien en résidence » (modalités de financement à trouver) : un contributeur Wikipédia confirmé est placé à mi-temps ou à temps plein auprès d’une collectivité, pour travailler sur le sujet des sites industriels du territoire concerné, et nourrir les pages Wikipédia correspondantes. Ce type de « résidence » fonctionne correctement avec des institutions culturelles 
  • >> Le sujet devra être circonscrit : c’est en priorité l’industrie encore vivante qu’il s’agit de documenter – le projet est un projet de patrimoine vivant.
  • >> Des exemples de sites géographiques en nombre très limité sont donnés en annexe (PDF), et par commune.

 

Un comité de projet pourra être constitué, réunissant diverses entités intéressées (contactées à ce jour : Wikimédia France, La Fabrique de l’Industrie). Il aura en charge la définition et le suivi des étapes ; la définition d’une méthode (autant que faire se peut : harmonisation de la constitution de cette connaissance et de son inscription sur Wikipédia) ; la participation éditoriale à d’autres sites publics sur le sujet ; la recherche de financements. Des déclinaisons locales d’un tel comité pourront avoir lieu en province, en fonction des collectivités intéressées.

 

(télécharger sur ce blog le PDF reprenant ce texte, avec quelques exemples en nombre limité en annexe) (#GEOINDUS sur Twitter)

 

(page Wikipédia du projet, #GEOINDUS)

 

 

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  • : Humanités numériques, édition scientifique, diffusion numérique de la connaissance, Enseignement supérieur et recherche (auteur Alexandre Moatti) = ISSN 2554-1137
  • : Discussions sur le projet de Bibliothèque numérique européenne, sur les bibliothèques numériques en général; sur l'édition scientifique papier & en ligne.
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Avant-propos

Ce blog est créé à la rentrée scolaire 2006 pour suivre les sujets suivants:
# Bibliothèque numérique européenne (BNUE), et bibliothèques numériques en général.
# Edition et revues scientifiques.
# Culture scientifique.

Alexandre Moatti
 
Secrétaire général du comité de pilotage BNUE août 2005- août 2006
 



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