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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:10

À propos d'une éventuelle "taxe Google" pour rétribuer les entreprises de journaux papier, Mme Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, estime "indispensable" une "forme de rétribution par les sites qui aujourd'hui tirent un profit réel de l'utilisation des contenus riches en information, en savoir-faire, en matière grise". (source ZDNet)

 

Nous sommes assez nombreux, bloggueurs, universitaires, autres, à produire nous aussi sur Internet des "contenus riches en information, en savoir-faire, en matière grise". Ainsi, pour ma part, je pense (sans doute très immodestement) que des sites comme BibNum que j'ai conçu, ou l'encyclopédie Wikipédia à laquelle je contribue, ou des blogs comme mon blog de sciences, ainsi que ceux regroupés dans l'association Café des sciences à laquelle j'appartiens, ou des sites de revues comme le Bulletin de la SABIX que je dirige, et de nombreuses autres revues, pourraient très bien entrer dans le périmètre décrit par la ministre.

 

Alors, en cas de "taxe Google", pourquoi nos structures de projets et nos associations n'en seraient-elles pas elles aussi bénéficiaires ? Pourquoi limiter cela à la presse ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/30/3Dbrain.gif?uselang=fr

(matière grise, in "3DBrain", WikiCommons)

 

(plus je tourne cette idée de "taxe Google" dans ma tête, plus je pense que c'est une idée baroque — mais si elle est débattue, débattons-en pour tous, et pas seulement pour les éditeurs de presse !)

(pourquoi pas : une QPC sur un tel projet ?)

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 19:33

J’ai rencontré dans une réunion CNRS sur les Digital Humanities un chercheur italien, Marco Segala, dont la démarche en tant qu’auteur mérite d’être signalée.

 

Il a écrit en 1990 un essai La Favola della terra mobile: la controversia sulla teoria della deriva dei continenti (Il Mulino, Bologna)[La Fable de la terre mobile]. Il a récemment regardé le contrat avec son éditeur, s’est aperçu qu’il lui avait donné ses droits pour une durée limitée à 20 ans. Sachant que le livre n’est plus disponible à la vente depuis longtemps – il est bien sûr disponible dans un certain nombre de bibliothèques –, il l’a envoyé lui-même à Google Books, qui l’a mis en ligne intégralement ici.

Alfred_Wegener_Die_Entstehung_der_Kontinente_und_Ozeane_192.jpg

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 14:41

J'ai publié, en tant que contributeur actif de Wikipédia/ membre de Wikimédia (et ancien administrateur de l'association), et avec mon collègue et ami Rémi Bachelet (administrateur Wikimédia France, maître de conférences à l'École centrale de Lille), un article dans Responsabilité & Environnement, une série des Annales des Mines, n°67, juillet 2012.

 

Ce numéro est consacré à la normalisation et notre article s'intitule « Wikipédia un projet hors normes?» - voir sur HAL-SHS.Annales-des-Mines-R---E-juillet-2012.jpg

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 12:34

(voir aussi mon billet ultérieur sur privé-public Gallica, mai 2013)

 

J’ai déjà souligné ici mon incompréhension du fait que les éditeurs (sous l’égide du SNE) se fassent financer sur fonds publics (CNL Centre national du Livre, taxe sur les scanneurs-photocopieurs) des mises en ligne d’extraits d’ouvrages sur le remarquable site Gallica de la BnF. C’est à mon sens un mélange des genres privé-public, un « partenariat privé-public à la française » assez gênant. Gênant pour l’unité éditoriale de Gallica, où l’on s’attend à trouver des ouvrages patrimoniaux (qui ne sont plus sous droits) : on n’a pas envie que Gallica ressemble à Google Books (sur ce plan – car par ailleurs Gallica n’a pas certains avantages de Google Books). Gênant pour l’utilisation des fonds publics, qui aident à la numérisation et à la mise en ligne (à ma connaissance, fonds de plusieurs millions d’euros annuels) : pourquoi les éditeurs font-ils appel comme souvent aux pouvoirs publics, sachant qu’ils peuvent aussi mettre leurs extraits en ligne sur Amazon, sur Google Books, et sur les différentes plateformes Numilog, EBook, etc? Bref, je ne comprends pas très bien la mission de service public BnF ni l’utilisation des fonds publics dans ce mélange de genres.

 

Le système est à son paroxysme quand il s’agit d’une œuvre patrimoniale (qui n’est plus sous droits) rééditée (la réédition est, elle, sous droits). Ex. Introduction à la médecine expérimentale, Claude Bernard, Baillère 1865 (et Flammarion 2008). Voici la page de recherche Gallica, illustration ci-dessous.

Recherche-Claude-Bernard2-copie-2.JPG

On y trouve deux exemplaires de l’édition de 1865 (un de la BNF et l’autre du partenaire BIUSanté) – un exemplaire généré par EBooks à partir du contenu du site Classiques en sciences sociales (Université de Quebec) pionnier de la numérisation. On y trouve aussi l’exemplaire Flammarion 2008. Quand on clique sur l’exemplaire Flammarion, on arrive à cette page (ci-dessous). On notera dans cette page que la rubrique « Du même auteur » semble ne pas fonctionner du tout et nous donne des résultats aberrants pour Claude Bernard (1813-1878).

Flammarion.JPG

Enfin, quand on clique sur « voir l’exemplaire Flammarion » (on sort du site Gallica), on arrive sur le site Flammarion avec le visualiseur EdenLivres (ici). C’est justement ce type de visualisation que finance le fonds CNL.

FlammEden.JPG

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 14:47

Je recommande la revue Le Débat mai-août 2012, dans les librairies depuis quelques jours.  J'avais proposé en début d'année un article "Le numérique, adjectif substantivé", et vous pouvez le lire dans ce numéro (dont j'ignorais qu'il était consacré à ce thème !).

Debat170-002.jpg

Je lis dans ce numéro un article de R. Darnton qui semble considérer, immédiatement relayé par Jeanneney, que Google Books devient payant. Il s'appuie sur un accord de rémunération signé par Google avec les éditeurs américains. Mais je vois mal en quoi cela impacte la bibliothèque numérique patrimoniale (livres hors droits) de Google, et pourquoi celle-ci deviendrait payante. Si vous avez une idée, faites-m'en part en commentaires.

 

 


PS: je mettrai le pré-print de mon article d'ici juillet en libre accès sur ma page personnelle. Mais en attendant il est normal que les revues vivent.

PS2 : mon article pré-print (version auteur), mis en ligne le 13 août 2012 (PDF 1,5 Mo)

PS3 :Ajoût de juillet 2016 : j'ai fait une suite à cet article, dans Le Débat n°188 (janvier-Février 2016), avec un article intitulé "Le numérique rattrapé par le digital ?". La version auteur en est téléchargeable ici, PDF.

Debat170-002.jpg

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 20:32

 

Vue hier soir à la télévision la nouvelle ministre de la Culture Mme Filippetti à Cannes. J’ai toujours trouvé curieux que la première urgence d’un ministre de la Culture soit de se rendre à Cannes… la société du spectacle, comme disait Debord.

 Cannes_martinez.jpg

Côté paillettes
(WikiCommons Guy Lebègue) 

 

Interviewée sous la pluie, elle en est rapidement venue à évoquer la nécessité d’éducation artistique des élèves, et « qu’avec son collègue de l'Éducation V. Peillon, elle avait lancé ce chantier, etc. ». Amusante aussi cette antienne que débitent dans les mêmes termes les ministres successifs de la culture, de droite comme de gauche. Une figure imposée.

 

Il est pourtant un sujet – et c’est l’objet du présent billet – sur lequel on attend les ministres respectifs de la Culture et de l’Éducation : c’est celui de « l’exception pédagogique et de recherche » au droit d’auteur (loi DAVDSI de 2006). La France est un des seuls pays à avoir jugé bon de ne pas faire une « exception », mais de négocier des compensations entre l’Éducation nationale et les sociétés de droits d’auteur.

Salle_de_Classe_2.jpg

Côté paillasses
(WikiCommons Marianna)


On trouvera des analyses fort critiques de cette situation ici (Lionel Maurel), (Michèle Battisti) ou encore (Rémi Mathis). Comme l'écrit le ministère de l’Éducation lui-même, « il n’existe pas réellement d’exception pédagogique dans la loi française. Ce que l’on nomme ainsi correspond essentiellement aux accords sectoriels négociés contre une rémunération forfaitaire ». La France est le seul pays à avoir adopté une telle solution, sous la pression des lobbys de sociétés de droit d’auteurs auprès du ministre de la Culture (« qui constitue une caisse de résonance pour tous les groupes de pression, qui cherchent à se mettre bien à l'abri de la compétition naturelle à laquelle sont soumises les autres professions » dixit mon ami le physicien Franck Laloë dans une récente tribune Injustes droits d’auteurs parue dans LeMonde.fr)[1]. Cette absence d'exception pédagogique n'est-elle pas à ranger dans la spécificité de... l'exception culturelle à la française ?

 

On parle ici de sommes rondelettes : 1,7 millions d’euros par an (voir la convention signée avec le CFC Centre français d’exploitation du droit de copie qui gère pour les sociétés d’auteurs, PDF 5,3Mo). Des économies à faire, sans doute. Voici un sujet sur lequel on attend les deux ministres (et qui d’ailleurs est important pour l’éducation artistique à l’École, cf. plus haut).

 


[1] J’avais eu l’occasion de participer en 2003 (préparation loi DAVDSI) à une réunion interministérielle à Matignon où j’essayais, pour la recherche, de défendre une exception pédagogique et de recherche digne de ce nom. Peine perdue : le conseiller éducation-recherche de Matignon avait d’emblée intégré tous les arguments des lobbys de la culture – le conseiller culture de Matignon n’avait qu’à le laisser parler, ce qu’il faisait…

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 10:17

La blogosphère bruisse à juste titre du projet de loi Research Works Act qui remet en cause une avancée du Consolidated Appropriation Act (2008) en faveur du libre accès aux résultats de recherche. Voici comment les NIH (National Institutes of Health) faisaient connaître leur politique en application de cette loi de 2008 (ici) et donnaient extrait de l’Act :

 

“The Director of the National Institutes of Health shall require that all investigators funded by the NIH submit or have submitted for them to the National Library of Medicine’s PubMed Central an electronic version of their final, peer-reviewed manuscripts upon acceptance for publication, to be made publicly available no later than 12 months after the official date of publication: Provided, That the NIH shall implement the public access policy in a manner consistent with copyright law.”

 US-GreatSeal-Obverse.svg

Dans notre rapport « édition scientifique » au ministère (mai 2008, commission présidée par Jean Salençon, Académie des sciences), nous avions vanté la politique des États-Unis en ce qui concerne l’Open Access, qui nous semblait (à l’époque) plus volontariste que la politique européenne (extrait) :


[…] les États-Unis sont à la source d’un certain nombre d’innovations dans le champ qui nous intéresse, celui de la publication scientifique suite à la révolution de l’Internet. […] Ainsi le NIH (National Health Institute) a adopté la politique de libre accès suivante :

        A partir d’avril 2008, tous les articles publiés dans des revues, et faisant suite à des travaux financés par NIH, doivent être versés dans l’archive ouverte en ligne propre au NIH, PubMed Central. Les contrats avec les éditeurs doivent explicitement le permettre. Il existe même une liste d’éditeurs (parmi lesquels on retrouve les éditeurs BioMed Central et PLoS) pour lequel ce versement est automatique, le chercheur n’ayant aucune démarche à accomplir. La loi (Consolidated Appropriations Act, 2008) précise que ce versement doit avoir été effectué au plus tard 12 mois après la publication effective dans une revue.

        A partir de mai 2008, toutes les soumissions de projets de recherche au NIH doivent mentionner, dans les articles cités en référence, l’URL de l’article sur le site PubMed.

Cette politique du NIH a été prise en application de « l’amendement SPARC », du nom de Scholarly Publishing & Academic Resources Coalition, organisme associatif universitaire fondé en 1998 (Sparc émane de l’ARL association des librairies de recherche) ; cet amendement avait été voté au Sénat américain en mai 2006 […]

 

L’Act de 2008 avait été très mal reçu par les puissants lobbys américains de l’édition (AAP Association of American Publishers notamment), au moins aussi importants que les lobbys européens de l’édition. Ils ont fait présenter par deux représentants (l’une démocrate, l’autre républicain) un amendement ainsi rédigé, que David Dobbs qualifie d’odieux dans Wired , qui tient lui aussi en quelques lignes :

“No Federal agency may adopt, implement, maintain, continue, or otherwise engage in any policy, program, or other activity that:

(1) causes, permits, or authorizes network dissemination of any private-sector research work without the prior consent of the publisher of such work; or

(2) requires that any actual or prospective author, or the employer of such an actual or prospective author, assent to network dissemination of a private-sector research work.”

 

J’ai du mal à comprendre la politique américaine : le Consolidated Appropriation Act avait été voté fin 2007 sous la présidence Bush, et le projet de Research Work Act est proposé sous administration Obama, par une représentante démocrate C. Maloney (Dobbs dans Wired sous-entend que sa campagne a été financée notamment par les représentants de l’édition…). Affaire à suivre.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 09:33

[le lien sur lequel j'attire votre attention est le 3°, marqué ICI en gros]

 

L'image du jour WikiCommons est généralement intéressante et esthétique  (pas tous les jours, trop d'images animalières...). Je vous conseille vivement de vous y abonner, chaque jour vous aurez ce courriel de l'image du jour. Je m'en sers maintenant pour changer de temps à autre mon profil sur "un réseau social bien connu" (comme on entend maintenant à la radio...)

 

Mais aujourd'hui, l'image du jour est par surcroît fort techniquement intéressante. C'est l'image en TRèS HAUTE DéFINITION d'un tableau de Van Gogh : WikiCommons. Ne cliquez pas sur l'image (il semble y avoir un bug, en tout cas pour mes deux navigateurs, bug peut-être lié au visualiseur très haute définition du Louvre - je l'ai signalé sur la page de discussion WikiCommons). Mais cliquez sur la rubrique Source/Photographe, Image page, ou directement ici (je vous facilite le travail, mais c'est l'objet de ce billet !).

 

Vous verrez ensuite, par un simple click ou même roulement de molette de souris, apparaître des détails du tableau en très haute défiinition - particulièrement adaptée à la manière de peindre de Van Gogh.

VanGogh.GIF

Vous retrouverez la galerie complète en très haute définition du C2RMF (Centre de restauration des musées de France, unité mixte de recherche CNRS/ Réunion des musées nationaux) ici.

 

Du point de vue logiciel, il s'agit du projet IIPImage, projet semble-t-il libre de SourceForge. En revanche, du point de vue des droits, compte tenu de la politique treès resctrivtive sur Internet de la rMN, du Louvre, d'Orsay, je me demande comment l'image du tableau de Van Gogh peut se retrouver libre de droits sur WikiCommons (si quelqu'un veut m'éclairer en commentaires ci-dessous - mais maintenant tout le monde fait ses commentaires sur sa page réseau social ou son compte de fil...)

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 13:28

Un professeur de lettres classiques du lycée Chaptal (Loys Bonod, 36 ans) se gargarise "J'ai piégé le Net pour donner une bonne leçon à mes élèves" (NB : en donnerait-il habituellement de mauvaises ? c'est toujours intéressant d'écouter l'inconscient parler ). Rien de bien palpitant, mais çà remonte quand même jusqu'au JT de France 2 et au Journal de France-Musique (long reportage).

 

On retrouve le piégage de Wikipédia, comme au bon vieux temps d'Assouline et de ses élèves de SciencesPo. J'ai lu récemment qu'Assouline, quatre ans après, "ne souhaite plus s'exprimer à propos de Wikipédia". Dont acte.

 

Et l'enseignant de se vanter d'avoir gagné la confiance des wikipédiens par quelques contributions érudites en littérature, avant d'introduire une donnée fausse dans une page pour les besoins de son "expérience". Nunquam auditur propriam turpitudinem allegans, disait un patron que j'ai connu à l'un de ses collaborateurs – sidéré – qui invoquait ses propres problèmes d'organisation. Personne n'est audible quand il fait référence à ses propres turpitudes.

 

La conclusion de l'article du prof de Chaptal, ce qu'il appelle pompeusement (c'est le cas de le dire)  "la morale de l'histoire", c'est : "on ne profite vraiment du numérique que quand on a formé son esprit sans lui." Toujours cette même vision élitiste et hors d'époque : "Oui môssieur, moi j'ai fait mes humanités, et sans Internet".

Bude.gif

Mais, surtout, indépendamment de Wikipédia, indépendamment de ce stratagème-là, tout ceci n'a pas grand'chose à voir avec Internet. J'ai souvenir du  prof de latin (NB : moi aussi j'ai fait mes humanités ! ) qui ôtait un petit bout de phrase de Cicéron dans la version qu'il donnait à traduire. Toux ceux qui avaient le Budé sur les genoux ne manquaient pas de rendre leur copie avec le bout de phrase traduit.

 

J'ai fait par la suite des études scientifiques, mais je garde un souvenir ému de ce prof de français/latin/grec (lettres classiques) : M. Juhlin était son nom. RIP. Et lui n'a  sans doute pas fait exprès en oubliant ce bout de phrase (c'est un élève qui le lui a fait remarquer lors de la correction orale...). O tempora, o mores, conclurai-je avec Bonod !

 


PS : je viens de trouver une page de chroniques elles aussi critiques du procédé de cet enseignant. Le titre originel de Bonod "Comment j'ai pourri le Web" est détourné en "Comment j'ai nourri le Web", démarche de laquelle je me sens plus proche.

 


PS qui a (un) peu à voir : j'ai fini ce jour le remarquable livre de F. Bon, Après le livre (Seuil 2011). J'en parlerai sur ce blog à l'occasion. Voilà une approche intéressante du numérique !


PS 2 (ajoût du 10 novembre 2012) : l'enseignant Loys Bonod a pris la peine de démonter point par point mon présent billet dans un forum de discussion. A lire.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 18:24

On avait dit ici (Actualitté) ou là (Affordance) que c’était fini, que grâce aux réseaux sociaux les équipes de la BnF avaient réagi, et qu’on ne reprendrait pas la main de l’auguste BnF dans la culotte du zouave.

Voire. Ou voir, comme un voyeur. Je recommande chaudement – si je puis dire – l’éditeur La Musardine (site de cet éditeur), remonté par Numilog sur Gallica (bibliothèque numérique de la BnF), environ 322 ouvrages (nombreux doublons semble-t-il) :

 

ICI la page de cet éditeur sur Gallica

(revenez lire la suite de l'article SVP!)

 


Vous pourrez feuilleter avec délices Amour & Popotin, La Foire aux cochons (auteur Esparbec, 30 des 300 livres) ; In/soumises ; Le Parfum de la chatte en noir, ou Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle : auteur E. Liebig, 15 ouvrages assez chauds – mais il nous est précisé (sur la page Gallica) que « l’auteur a par ailleurs publié deux ouvrages très sérieux chez Michalon » et « qu’il collabore à Siné Hebdo et à l’émission Les Grandes Gueules sur RMC »; l'auteur ainsi légitimé, il n'y a plus de quoi fouetter un(e) chat(te) ou mettre en émoi la Fraternité de Saint Pie X.

 musardine3.JPG

 

Après une heure de travaux pratiques (pour moi – et pour vous ?), un peu de théorie.


La technique d’abord : c’est magnifique le XML (non ce n’est pas une abréviation cochonne) – Gallica et la BnF endossent ainsi des œuvres et aussi… des métadonnées (notices sur les ouvrages ou leurs auteurs, cf. le pâle échantillon ci-dessus).


La stratégie de bibliothèque numérique ensuite. Quand on vous disait que le mélange des genres privé-public sur un site Gallica qui devrait rester une bibliothèque numérique patrimoniale n’était pas souhaitable, on ne croyait pas trouver un tel exemple de cocktail détonnant ! N’oublions pas que le mélange des genres privé-public ce n’est pas seulement voir des livres d’éditeurs privés (Gallimard, Fayard, Grasset, etc. dont Musardine) sur un site public (Gallica de la BnF), mais c’est aussi le fait que ces numérisations ou mises en ligne sont financés par le contribuable, comme le rappelle le logo bleu « en association avec le Centre national du Livre » à gauche de chaque notice (plus précisément par la taxe parafiscale sur l’achat d’imprimantes-scanners qui abonde le CNL, lui-même soutenant financièrement les éditeurs pour cette opération Gallica).


Somme toute, on revient là à l’Internet des débuts (ou l’Internet de toujours), les sites de sexe. Remplacer sites par livres et voici un bel usage du livre numérique en perspective (passée et future) ! De quoi voir l'avenir du livre numérique en rose !

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Présentation

  • : Humanités numériques, édition scientifique, diffusion numérique de la connaissance, Enseignement supérieur et recherche (auteur Alexandre Moatti) = ISSN 2554-1137
  • : Discussions sur le projet de Bibliothèque numérique européenne, sur les bibliothèques numériques en général; sur l'édition scientifique papier & en ligne.
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Avant-propos

Ce blog est créé à la rentrée scolaire 2006 pour suivre les sujets suivants:
# Bibliothèque numérique européenne (BNUE), et bibliothèques numériques en général.
# Edition et revues scientifiques.
# Culture scientifique.

Alexandre Moatti
 
Secrétaire général du comité de pilotage BNUE août 2005- août 2006
 



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Livre 'Au Pays de Numérix' (2015)

 

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