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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 14:38

[il s'agit ici d'un travail à caractère documentaire sur le patrimoine industriel (qui est une catégorie de notre blog); nous aurions souhaité en faire une page Wikipédia mais nous ne l'avons pas pu (voir discussion au Bistro Wikipédia) car il s'agirait d'une "synthèse inédite" : cependant toute page encyclopédique n'est-elle pas une synthèse inédite ?] [comme il se doit  le travail documentaire est référencé par des sources de presse]


Cette page vise à recenser, d’abord au niveau français puis au niveau européen, les entreprises industrielles impliquées dans la fabrication de matériel nécessaire à la lutte contre la pandémie de coronavirus dans le monde – comme par exemple, les masques, les tests COVID, les lits hospitaliers, etc. Cette page n’a pas pour vocation une promotion d’entreprises, mais une meilleure connaissance du tissu industriel concerné par les équipements permettant de lutter contre la pandémie ; y compris afin de comprendre à qui appartiennent ces entreprises.

Il s’agit bien ici d’équipements industriels, ou de tests, et non de médicaments ou de vaccins.

 

France

Masques

  • > Kolmi-Hopen à Saint-Barthélémy d’Anjou (49) masques FFP2 (visite E. Macron 31 mars) (usine française datant de 1920) (à présent groupe canadien Medicom) (WP)
  • > Paul Boyé à Labarthe-sur-Lèze (31) masques chirurgicaux (source). (Paul Boyé est une vieille entreprise familiale de vêtements militaires fondée en 1904 à Sète, WP)
  • > Valmy-Segetex masques FFP2 à Mably près de Roanne (42) (source) (60 p., et aussi une usine en Chine, source)

La presse s'est aussi fait l'écho d'une importante usine historique de masques fermée en 2018 à Plaintel (22) (source).

 

Tests

  • > NG Biotech à Guipry (35) tests sérologiques (source)

 

Gel

> Laboratoires Gilbert à Plouédern (29) gels hydroalcooliques (source) (entreprise familiale créée en 1904 ; usines en Normandie et en Bretagne) (source)

> [initiative ponctuelle]  Le groupe LVMH a mis en fabrication du gel hydroalcoolique en 3 de ses usines françaises : Dior (Orléans), Guerlain (Chartres), Givenchy (Beauvais) (source).

> [initiative ponctuelle] Pharmacie Delpuech, Paris 6e, fabrication intensive de gel hydroalcoolique pour les hôpitaux parisiens (source).

 

 

Dispositifs respiratoires

  • > Air Liquide Medical Systems à Antony (92) respirateurs artificiels.
  • > [initiative ponctuelle] les groupes Peugeot (Poissy, Yvelines), Valéo et Schneider Electric ont formé un consortium avec Air Liquide pour accélérer la fabrication de respirateurs artificiels.
  • > [initiative ponctuelle] Le groupe Decathlon livre 30 000 de ses masques et lunettes de plongée aux hôpitaux français (source)
  • > Hemarina à Morlaix (29) dispositif d’oxygénation directe du sang pour les patients en détresse respiratoire.

 

Bouteilles de gaz (dont oxygène)

  • [usine fermée en 2019] > Luxfer à Gerzat (63) (source)

 

Lits médicalisés

> Hill-Rom à Pluvigner (56) lits médicalisés (source) (source 2) 400 p. dans l'usine (groupe américain, Chicago)

​​​​​​

 

Médicaments

Chloroquine [NB : il n'est pas du tout prouvé que ce principe soit actif contre le coronavirus ; nous mentionnons ce principe actif ici puisqu'il en a été beaucoup question dans la presse] usine Famar à Saint-Genis Laval, Rhône (250 p.), appartenant à un fonds américain, en redressement depuis mi-2019 (source)

 

Allemagne

Tests

  • > Olfert Landt biotechnologies à Berlin - 400 000 tests prêts à fin février (source ici ou )

 

Italie

Dispositifs respiratoires

  • > Isinnova impression 3D de valves respiratoires pour l’hôpital de Brescia (source); la même entreprise a adapté ces valves sur des masques de « snorkeling » Decathlon pour en faire un masque respiratoire complet (source).

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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 06:57

Projet GÉO-INDUS : par une approche géographique, faire vivre sur Internet le paysage actuel de l’industrie française

 

 

Travaillant de longue date (2003) sur la diffusion numérique des savoirs sur Internet, il nous est apparu une carence dans les contenus du Web sur un sujet précis : la connaissance des sites industriels de nos territoires français. Cette lacune n’est pas seulement virtuelle, elle ne fait que refléter un manque de prise en considération du sujet dans la vie réelle – une sorte de trou noir patrimonial et cognitif. Quels sont nos sites industriels français (et nous insistons sur la notion géographique de site) ? Pour un site donné, quels ont été ses noms successifs, à quelles entreprises et/ou groupes a-t-il appartenu et appartient-il actuellement ? Quelles sont ses caractéristiques : nombres de personnes, type de fabrications ? Autant de questions auxquelles il peut être difficile d’avoir réponse.

Les causes de cet état de fait sont diverses, et corrélées. La désindustrialisation est passée par là, et avec elle un moindre intérêt pour l’industrie. Certaines usines sont devenues friches (certaines reconverties), ou musées – parfois sans rapport immédiat avec leur activité passée. Côté université, l’histoire industrielle n’est pas une matière en pointe – et encore moins la géographie industrielle : des historiens ou acteurs locaux (qu’il faudra mobiliser) ont maintenu une certaine connaissance – sans forcément la diffuser sur internet. Les entreprises elles-mêmes ont bien plus souvent sur leur site internet une vision corporate, et leurs sites industriels sont parfois difficiles à trouver sur leur site… internet ; ajoutons le fait que les rachats successifs ne facilitent pas la traçabilité et la transmission historiques de la connaissance – d’ailleurs les entreprises, si elles s’intéressent peu à leurs sites, s’intéressent encore moins à leur histoire, ou l’écrivent à leur manière (faire état des réductions successives d’activité et d’emploi sur un site donné n’est certainement pas gratifiant).

Ce constat posé, que faire ? Une action énergique portant sur la constitution d’une base des sites industriels des territoires, et sur la diffusion numérique (i.e. sur internet) de cette connaissance, est nécessaire. Par souci du savoir. Par souci d’image de l’industrie auprès de nos concitoyens – les récentes manifestations depuis novembre 2018, réclamant notamment une meilleure prise en compte du fait territorial, ainsi que de l’emploi industriel local, ne sont pas sans lien avec ce sujet, loin s’en faut. C’est aussi un moyen pour nos concitoyens de s’approprier leur tissu industriel que diffuser la connaissance et la description de ce tissu.

Quels acteurs sont susceptibles d’être mobilisés dans cette perspective d’intérêt général ? On pourrait penser à des administrations (ex. Direction générale des entreprises, Bercy) – mais sans doute ont-elles d’autres préoccupations. Des partenaires d’entreprise comme La Fabrique de l’Industrie ont, eux, été contactés. Il est important de considérer dès le départ une certaine efficacité à notre action : la meilleure diffusion de la connaissance possible n’est pas sur un portail, fût-il en .gouv.fr, mais sur un des sites les plus regardés au monde, et le premier de loin pour la recherche documentaire : Wikipédia. Par essence-même, une connaissance inscrite sur Wikipédia a vocation à connaître une plus large audience que par tout autre moyen de diffusion ; ceci n’exclut pas que, parallèlement, la même connaissance, une fois constituée, soit diffusée sur un site public – d’une administration, d’un think tank (La Fabrique de l’Industrie), d’une Région, d’un Département.

Le modus operandi suivant peut être proposé :

  • >> Coopération avec l’association Wikimédia France (déjà contactée) – notamment pour un « week-end contributif » comme il existe dans d’autres domaines (culture,…)
  • >> Partenariat éventuel entre Wikimédia et des Régions ou Départements, par le biais d’un « wikipédien en résidence » (modalités de financement à trouver) : un contributeur Wikipédia confirmé est placé à mi-temps ou à temps plein auprès d’une collectivité, pour travailler sur le sujet des sites industriels du territoire concerné, et nourrir les pages Wikipédia correspondantes. Ce type de « résidence » fonctionne correctement avec des institutions culturelles 
  • >> Le sujet devra être circonscrit : c’est en priorité l’industrie encore vivante qu’il s’agit de documenter – le projet est un projet de patrimoine vivant.
  • >> Des exemples de sites géographiques en nombre très limité sont donnés en annexe (PDF), et par commune.

 

Un comité de projet pourra être constitué, réunissant diverses entités intéressées (contactées à ce jour : Wikimédia France, La Fabrique de l’Industrie). Il aura en charge la définition et le suivi des étapes ; la définition d’une méthode (autant que faire se peut : harmonisation de la constitution de cette connaissance et de son inscription sur Wikipédia) ; la participation éditoriale à d’autres sites publics sur le sujet ; la recherche de financements. Des déclinaisons locales d’un tel comité pourront avoir lieu en province, en fonction des collectivités intéressées.

 

(télécharger sur ce blog le PDF reprenant ce texte, avec quelques exemples en nombre limité en annexe) (#GEOINDUS sur Twitter)

 

(page Wikipédia du projet, #GEOINDUS)

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:52

Quoi de commun, me direz-vous entre l’entreprise SPIE-Batignolles (4e groupe français de construction) et l’abbaye de Royaumont, monument historique du Val d’Oise ? Et pourquoi sur ce blog ? À cette dernière question, je réponds qu’il y a longtemps que je caresse l’idée d’y faire un peu d’histoire du patrimoine industriel – c’est aussi une partie de notre patrimoine, peu souvent évoquée, ni au niveau académique, ni sur Internet.

Logo spie batignolles

À la première question : le point commun entre SPIE-Batignolles (ci-dessus) et Royaumont (ci-dessous), c’est la famille Goüin – et je vous invite à un parcours à travers une histoire familiale, industrielle et culturelle française.

2-Royaumont-GFreihalter.JPG

Abbaye de Royaumont (Val d'Oise) (WikiCommons cc-by-sa GFreihalter)


(presque)Tout commence avec Ernest Goüin (1815-1885), fils de no(ta)bles tourangeaux[1]. Polytechnicien (X1834), fortement inspiré par le développement du chemin de fer en Angleterre, il fonde en 1846, avec l’appui de divers banquiers, dont le saint-simonien[2] Talabot (lui aussi polytechnicien), la première usine française de matériel ferroviaire (voitures, locomotives), dans le quartier des Batignolles le long de l’avenue de Clichy à Paris.

1-EG.jpgErnest Goüin (1815-1885)

 

L’entreprise se diversifie dans la fabrication de navires (avec un chantier naval à Nantes), de métiers à tisser, de ponts et ouvrages d’art – comme le pont ferroviaire d’Asnières (1851), premier pont français à tablier métallique, ou le pont de la rue du Rocher à Paris (1868). Rebaptisée en 1871 société de construction des Batignolles, elle fournit même les perforatrices destinées à la première tentative d’un tunnel sous la Manche, en 1885 !

Rocher.jpg

Le pont de la rue du Rocher, Paris VIIIe (photo Gérard Métron, site struturae.info)

 

L’histoire de l’entreprise suit celle de la IIIe République, notamment celle de l’empire colonial. Après la mort d’Ernest – dont le nom est parmi les 72 savants et ingénieurs honorés par Eiffel sur sa tour –, ce sont Jules (1846-1908), son fils (centralien) puis ses petits-fils Gaston (1877-1921) (aussi centralien), GastonEdouard et Ernest II (1881-1967) qui mènent l’entreprise. Elle construit la ligne ferroviaire Bône-Guelma, entre Algérie et Tunisie, les chemins de fer de l’Indochine et du Yunnan (1901) – avec le soutien de la Banque de l’Indochine –, le chemin de fer de Dakar à Saint-Louis du Sénégal (1883).

Neva-Nicolas-II.jpg

Jules Goüin (costume civil, à g.) lors de l'inauguration du Pont Troïtsky sur la Neva par le tzar Nicolas II et la tsarine, le 19 mai 1903 (photo WikiCommons)

L’histoire des années sombres traverse aussi l’entreprise. Henry Goüin (1900-1977), fils d’Édouard, est déporté, tandis qu’Ernest II, président de l’entreprise, est arrêté à la Libération et passe 9 mois en prison. Après-guerre, elle développe du matériel pour l’industrie pétrolière et gazière (notamment en son usine de Nantes, qui sera disloquée en 1985 entre trois repreneurs, toujours actifs), construit le barrage de Donzère-Mondragon sur le Rhône (1952). La société de construction des Batignolles est rachetée par le groupe SPIE du baron Empain en 1951 – mais Henry Goüin reste à la tête de l’entreprise, jusqu’à la fusion SPIE-Batignolles en 1968.

PalaisAbbatial---B.Poschadel.jpg

La palais abbatial, de style palladien (WikiCommons cc-by-sa B. Poschadel)

Et Royaumont, dans tout ça ? Jules Goüin, fils d’Edouard, avait racheté en 1898 le palais abbatial (résidence de l’abbé, aujourd’hui séparée de l’abbaye, et rachetée en 1922 aux Goüin par une branche Rotschild – aujourd’hui toujours en leur possession) et en avait fait sa résidence secondaire. En 1905, lors de la loi de séparation de l’Église et de l’État, il rachète l’abbaye aux congrégations. Trente ans plus tard, son neveu Henry (1900-1977), [source abbaye Royaumont] « séduit par les initiatives du Front populaire en faveur des travailleurs, décide d’ouvrir les portes de Royaumont aux artistes et intellectuels nécessiteux […] Le 15 mai 1938, il inaugure avec son épouse, Isabel Goüin-Lang, le Foyer de Royaumont, lieu de travail et de repos pour artistes et intellectuels. Vingt-six ans plus tard, en 1964, le projet sera pérennisé sous la forme d’une Fondation Royaumont (GoüinLang) pour le progrès des Sciences de l’Homme.». Ce projet, mené avec le soutien du ministre Malraux, est à l’époque la première fondation privée culturelle en France. La mort d’Henry Goüin en 1977 ralentit le dynamisme de la Fondation, qui par la suite, avec le soutien du Conseil général du Val d’Oise, devient un lieu de concert et d’hébergement d’artistes autour de la musique vocale.

Plaques-Clicsouris.jpg

Quelques références :

  • Anne Burnel, La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin, Librairie Droz, 1995.
  • Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914), Presses Paris Sorbonne, 2005.
  • Jacques-Marie Vaslin, « Ernest Goüin, le polytechnicien des Batignolles », Le Monde (économie), 22 novembre 2010.
  • Henry Goüin, L’Abbaye de Royaumont, 1932 (préface d’H. Laurens, 93 p., 41 photographies N&B).
  • Jean-François Belhoste, Nathalie Le Gonidec (dir.), Royaumont au XIXe siècle - Les métamorphoses d'une abbaye, Créaphis, 2008.

[1] Son grand-père Goüin-Moisant (1758-1823), détenait la banque Goüin, fondée à Tours en 1714, et fut député royaliste de 1815 à 1823. C’était une famille noble – quoique sans particule – son blason est D’azur à croix tréflée d’or.

[2] Il y a une inclination saint-simonienne aussi chez Goüin, comme chez de nombreux polytechniciens du XIXe siècle. Il affirme (cité par Le Monde, 2010), que « la puissance n'est légitime que si elle s'exerce pour le bien de tous ». Dès 1847, il met en place une société de secours mutuel qui fait office de Sécurité sociale pour les employés.

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  • : Humanités numériques, édition scientifique, diffusion numérique de la connaissance, Enseignement supérieur et recherche (auteur Alexandre Moatti) = ISSN 2554-1137
  • : Discussions sur le projet de Bibliothèque numérique européenne, sur les bibliothèques numériques en général; sur l'édition scientifique papier & en ligne.
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Ce blog est créé à la rentrée scolaire 2006 pour suivre les sujets suivants:
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# Culture scientifique.

Alexandre Moatti
 
Secrétaire général du comité de pilotage BNUE août 2005- août 2006
 



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